Le village de L'Herbe, vu depuis le Bassin

Les villages de la presqu'île du Cap Ferret

Entre le Bassin d'Arcachon et l'océan, la presqu'île s'étire sur environ 25 kilomètres, avec 26 kilomètres de rivage côté océan et 15 côté Bassin (plan local d'urbanisme de Lège-Cap-Ferret, rapport de présentation). On dit « le Cap Ferret » pour toute la presqu'île, mais celle-ci est faite d'une suite de villages, chacun avec son histoire et son caractère. Voici leur portrait, du nord au sud, de Lège à la pointe.

Dix villages, ou onze

Pour la mairie, la presqu'île compte dix villages : Lège, Claouey, Le Four, Les Jacquets, Piquey, Piraillan, Le Canon, L'Herbe, La Vigne et Le Cap Ferret. Piquey se partage lui-même en deux, Petit Piquey et Grand Piquey (mairie, « Nos villages »). La mairie parle pourtant aussi, sans les nommer, de « l'union des onze villages de la Presqu'île » (mairie, archive du mois, février 2026).

Une commune réunie en 1976

L'unité de la presqu'île est récente. Pendant des siècles, elle a été disputée entre le captal de Buch, seigneur de La Teste, et les barons de Lège. Louis XVI a mis fin à ces querelles en la partageant au niveau de la Pointe aux Chevaux, à Grand Piquey ; après la Révolution, le sud a été attribué à La Teste (mairie, « Nos villages »). La démarcation entre Lège et La Teste a été signée le 23 mars 1807. Le rattachement à Lège des sections du Canon et du Cap Ferret a été acté le 21 juin 1976, par un décret paru au Journal officiel du 27 juin : selon la mairie, c'était « la fin de 169 ans de séparation administrative ». Le 13 mars 1981, la commune a pris le nom de Lège-Cap-Ferret (mairie, archive du mois, février 2026).

Lège, la porte de la presqu'île

Lège est le bourg historique et le chef-lieu de la commune, une terre tournée vers l'agriculture, l'élevage et le gemmage, la récolte de la résine de pin. Selon la mairie, le village se serait déplacé trois fois sous les assauts du sable avant de trouver son emplacement actuel, et c'est la route construite dans les années 1930 jusqu'au Cap Ferret qui en a fait la porte d'entrée de la presqu'île (mairie, « Nos villages »).

Lège possède aussi un patrimoine du XXe siècle : une cité ouvrière dessinée par Le Corbusier, réalisée en 1924 à l'initiative de l'industriel Henri Frugès. Elle compte sept bâtiments : six logements individuels et un bâtiment collectif (mairie, « Le Corbusier »). Ses maisons ont été inscrites aux monuments historiques par un arrêté du 30 mai 1990 (base Mérimée du ministère de la Culture, notices PA00083876 à PA00083882). L'une d'elles, la maison des Célibataires, se distingue par un fronton de pelote basque ouvert sur l'aire de jeu (base Mérimée, notice PA00083880).

Côté océan, les plages du Grand Crohot ne sont qu'à 8 kilomètres du bourg (office de tourisme).

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Claouey, la station des années 1920

Selon une hypothèse avancée par la mairie, Claouey devrait son nom à un artisan cloutier installé vers 1845. Le village se reconnaît à ses rues tracées « à l'américaine », à angle droit. La station balnéaire a pris son essor dans les années 1920 et 1930, avec la création de lotissements (mairie, « Nos villages »).

Traditionnellement, c'est à Claouey, place Bertic, face au Bassin, que se tient la Fête de la presqu'île, le premier week-end d'août (mairie, « Les fêtes dans les villages »).

Le Four, le plus petit village de pêcheurs

Il y aurait eu au Four un four à goudron : tiré de la résine, le goudron servait aux marins à calfater, c'est-à-dire à rendre étanches, les coques de leurs pinasses, les bateaux traditionnels du Bassin. Selon la mairie, c'est le plus petit des villages de pêcheurs de la presqu'île ; il a d'abord été peuplé de familles venues pour la plupart d'Arès. Son port ostréicole, le môle, date de la fin des années 1950. Un ancien chai à vin de 1889 y est le dernier témoin des vignes que Léon Lesca, dont le nom reviendra à Piraillan, à L'Herbe et à La Vigne, avait plantées sur la presqu'île au milieu du XIXe siècle (mairie, « Nos villages »).

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Les Jacquets, le port des bécasses

Les Jacquets, un ancien marais que l'on appelait autrefois « Terre Blanque », tirent leur nom du mot gascon qui désigne la bécasse, « jaquet ». C'est un petit port ostréicole niché dans une anse, qui comptait autrefois des réservoirs à poissons. Le peintre Émile Brunet (1869-1943), auteur de nombreux tableaux du Bassin, y a vécu (mairie, « Nos villages »).

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Petit Piquey et Grand Piquey, les deux dunes

En gascon, Petit Piquey signifie « petite dune » et Grand Piquey « grande dune ». Petit Piquey s'appelait autrefois Pauilhac, du nom de Pierre et Rosalie Pauilhac, notables d'Arès. Rosalie Pauilhac a donné à la commune un terrain pour y bâtir une école ; celle-ci a fermé en 1985 et, selon la mairie, le bâtiment est devenu la bibliothèque (mairie, « Nos villages »). Entre Les Jacquets et Petit Piquey, le long de la route du Cap Ferret, la « rue de la déco » aligne ses boutiques (office de tourisme).

Piquey a aussi sa page littéraire : selon la mairie, c'est là que Raymond Radiguet a écrit Le Diable au corps, en septembre 1921 (mairie, « Raymond Radiguet »).

À Grand Piquey, la plage de la Pointe aux Chevaux s'ouvre sur le Bassin (mairie, « Les plages de la presqu'île »). La pointe est un site inscrit depuis le 16 avril 1943 (services de l'État, DREAL Nouvelle-Aquitaine) : c'est, selon les archives municipales, le premier site naturel de la commune à avoir été protégé (mairie, archive du mois, décembre 2025).

Adossé aux villages du Bassin, côté océan, Le Truc Vert est un lieu-dit enclavé dans la forêt domaniale, qui appartient à l'État, et traversé seulement par une route forestière et par la piste cyclable, avec un camping et une plage de surf (office de tourisme).

À vendre en ce moment à Petit Piquey : une villa familiale sur un terrain paysagé de plus de 900 m².

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Piraillan, les réservoirs et la forêt

Piraillan est le village des réservoirs. Selon le Conservatoire du littoral, le site des réservoirs couvre 39 hectares, dont 6 hectares de bassins qui dessinent quatre petits îlots ; le reste est surtout de la dune boisée. Ces anciens réservoirs à poissons de la famille Lesca ont été vendus à l'État le 31 janvier 1975 ; depuis 1996, ils appartiennent au Conservatoire du littoral, qui en a confié la gestion à la commune (Conservatoire du littoral). Le « réservoir à poissons de Piraillan et bois qui l'entourent » est un site classé depuis le 1er juin 1943 (DREAL Nouvelle-Aquitaine), le seul de la presqu'île selon les archives municipales (mairie, archive du mois, décembre 2025).

Vers 1958, Jeanne Lesca a fait construire une petite chapelle, Notre-Dame-de-la-Forêt, dans les réservoirs. En 1967, la chapelle a été transportée derrière le marché de Piraillan (mairie, archive du mois, décembre 2025). Ce marché couvert, dont l'avant-projet date de 1966, a une toiture qui imite les ondulations de la mer (mairie, « Nos villages »).

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Le Canon, le village de la Fête de la mer

Le Canon doit son nom à un vrai canon, visible dans l'anse du Canon, en direction de L'Herbe. L'origine de ce canon, qui date du XIXe siècle, reste discutée : la mairie évoque un navire marchand armé, le Frédérika, un fort qui défendait les passes, ou la Daurade, un navire de guerre français capturé par les Anglais (mairie, « Nos villages »).

Traditionnellement, la Fête de la mer y dure trois jours. Son point d'orgue est le 15 août : messe en plein air, défilé nautique et bénédiction des bateaux (mairie, « Les fêtes dans les villages »). En saison, une navette de l'Union des bateliers arcachonnais relie la place Ubeda, au Canon, à la jetée Thiers d'Arcachon, en 35 minutes (UBA, navette ; UBA, notre histoire).

À vendre en ce moment au Canon : une maison familiale de cinq chambres.

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L'Herbe, la chapelle de la Villa algérienne

À L'Herbe, les ruelles étroites se faufilent entre les cabanes (office de tourisme). Ici comme au Canon, l'administration a imposé des règles en accordant les concessions, c'est-à-dire les autorisations d'occuper le rivage, qui appartient à l'État : les chais, les cabanes de travail des ostréiculteurs, devaient avoir les mêmes dimensions, 6 mètres sur 4, sans étage, à 2 mètres les uns des autres, sur pilotis, en bois et couverts de tuiles canal (mairie, « Les villages ostréicoles »). La mairie signale aussi le puits artésien du village, foré à plus de 150 mètres, et sa fontaine, réhabilitée en 1999 (mairie, « Nos villages »).

La place du village de L'Herbe et sa fontaine
La place du village de L'Herbe et sa fontaine Photo : Orikrin1998, Wikimedia Commons, CC BY 3.0

C'est à L'Herbe que Léon Lesca avait fait construire en 1865 sa « Villa algérienne », détruite en 1965 (mairie, « Nos villages »). Du domaine, il ne reste que quelques éléments : la paroi du fond d'une grotte, un pont en rocaille, deux cuviers et la chapelle Sainte-Marie-du-Cap. Cette chapelle de style néo-mauresque, œuvre de l'architecte J.-E. Ormières, a été bénie le 8 septembre 1885 (mairie, « La Villa algérienne et la chapelle »). Elle appartient à la commune et est inscrite en totalité aux monuments historiques depuis le 19 août 2008 (base Mérimée, notice PA33000107).

La fête du village a lieu le troisième week-end d'août (office de tourisme).

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La Vigne, le port de plaisance

Le nom de La Vigne est plus ancien que ses vignes : selon la mairie, les noms de lieux anciens évoquent une « Dune de Lavigne », du nom d'un des premiers habitants, pêcheur, résinier ou douanier. Plus tard, Léon Lesca y a creusé des réservoirs à poissons et planté des vignes sur la terre retirée en les curant ; on y vendangeait encore en 1938. Le port de plaisance a été construit en 1960, à l'emplacement de ces réservoirs (mairie, « Nos villages »).

À vendre en ce moment à La Vigne : une villa d'architecte avec vue sur le Bassin, une maison de plain-pied climatisée, une villa avec piscine et studio et une maison avec dépendance.

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Le Cap Ferret, la pointe et son phare

Au Cap Ferret, on est d'abord arrivé par le Bassin : le premier débarcadère, celui de Bélisaire, a été construit en 1877, et le premier tramway, tiré par des chevaux, date de 1879 (mairie, « Nos villages »). Aujourd'hui, le petit train relie toujours Bélisaire, côté Bassin, à l'océan ; selon la mairie, il transporte en moyenne 30 000 passagers par an, un chiffre qu'elle ne date pas (mairie, « Le Petit train »). L'Union des bateliers arcachonnais, fondée en 1937 par des pêcheurs et des ostréiculteurs, assure aussi la navette vers Arcachon : 30 minutes de traversée, toute l'année, vélos acceptés (UBA, navette ; UBA, notre histoire).

Le tramway tiré par des chevaux qui reliait Bélisaire à l'océan, sur une carte postale ancienne
Le tramway tiré par des chevaux qui reliait Bélisaire à l'océan, sur une carte postale ancienne Carte postale : éditions du Lotissement, Wikimedia Commons, domaine public

Le premier phare, alors appelé « phare d'Arcachon », a été mis en service en 1840, après un chantier commencé en août 1836. Les troupes allemandes l'ont fait sauter dans la nuit du 21 au 22 août 1944. Pour le reconstruire, l'architecte Georges Martin s'est inspiré en 1946 des plans d'origine ; le nouveau phare, en béton armé, a été inauguré en 1947, et son fronton porte les deux dates, 1840 et 1947. Sa tour mesure de 52 à 53 mètres et compte 258 marches (site du phare du Cap Ferret). Son feu émet un éclat rouge toutes les cinq secondes, visible à 27 milles marins, soit une cinquantaine de kilomètres, et il est automatisé depuis 1995 (office de tourisme). Le phare, propriété de l'État, est inscrit aux monuments historiques depuis le 6 novembre 2009 (base Mérimée, notice PA33000114).

Le Cap Ferret et son phare, entre le Bassin, au premier plan, et l'océan
Le Cap Ferret et son phare, entre le Bassin, au premier plan, et l'océan Photo : Rundvald, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Côté Bassin, le Cap Ferret compte les plages des Américains, de Bélisaire, du Centre, du Phare et du Mimbeau ; côté océan, celle de l'Horizon (mairie, « Les plages de la presqu'île » ; office de tourisme, plage des Américains et plage du Centre).

À vendre en ce moment au Cap Ferret : une villa californienne au cœur du village, une villa rénovée de cinq chambres avec piscine, une maison rénovée avec piscine près du marché, un triplex avec vue sur le Bassin dans la résidence El Palomar et une maison à rénover dans les 44 Hectares.

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Les villages ostréicoles

De Claouey au Cap Ferret, la mairie recense neuf villages ostréicoles : Le Four, Les Jacquets, Petit Piquey, Grand Piquey, Piraillan, Le Canon, L'Herbe, La Douane et Le Phare (mairie, « Les villages ostréicoles »), ces deux derniers à la pointe de la presqu'île (plan local d'urbanisme, rapport de présentation). La plupart de ces villages forment, depuis le 18 juin 1981, un site inscrit, intitulé officiellement « huit villages ostréicoles » (DREAL Nouvelle-Aquitaine).

Ces villages sont installés sur le domaine public maritime, qui appartient à l'État. La commune en a obtenu la gestion en 2001 pour huit d'entre eux, puis en 2012 pour celui du Four. Selon la mairie, ils réunissent près de 500 cabanes, dont 155 liées à l'ostréiculture et 121 cabanes d'habitation de plaisance (mairie, « Les villages ostréicoles », page de 2017).

Entre forêt, prés salés et océan

La forêt couvre 75 % du territoire de la commune. L'État en possède environ la moitié ; le reste appartient à la commune et à des propriétaires privés. La forêt domaniale de Lège et Garonne, née en 1897 des anciennes forêts de Lège et de La Teste, est gérée par l'Office national des forêts (ONF) (mairie, « La forêt »). Le 15 juin 2018, avec la forêt domaniale de La Teste-de-Buch, elle a reçu le label Forêt d'Exception : à elles deux, 6 250 hectares de pinèdes et de dunes (ONF).

Au nord, côté Bassin, la réserve naturelle nationale des prés salés d'Arès et de Lège-Cap Ferret a été créée le 7 septembre 1983. Elle couvre 495,93 hectares sur les deux communes (Réserves naturelles de France).

Vivre sur la presqu'île

La commune compte 7 909 habitants (population municipale 2023, en vigueur au 1er janvier 2026, Insee), contre 4 232 en 1968, à périmètre actuel, sud de la presqu'île compris ; après des décennies de hausse, la population a baissé de 1,0 % par an en moyenne entre 2017 et 2023 (Insee, dossier complet). En 2023, sur 12 077 logements, 65,4 % étaient des résidences secondaires ou des logements occasionnels, et 32,7 % des résidences principales (Insee, comparateur de territoires). La presqu'île vit donc à deux rythmes, celui de l'année et celui des vacances.

Pour rejoindre Bordeaux, la ligne régionale de car express 410 part de Lège-Cap-Ferret et d'Arès, avec un car toutes les 15 minutes aux heures de pointe. Elle ne dessert plus le centre de Lège ni le bourg du Cap Ferret : les bus Alégo assurent la correspondance (mairie, « Réseau de transport en commun »).

Pour les prix de vente, village par village, consultez notre analyse des prix de l'immobilier au Cap Ferret, établie à partir des ventes réelles.

Un projet sur la presqu'île ?

Chaque village a son caractère, du bourg de Lège aux ports ostréicoles du Bassin, jusqu'à la pointe du Cap Ferret, face à Arcachon. Pour un achat, une vente ou une estimation, Pierre Roncin (06 29 56 29 55) et Didier Roncin (06 07 28 55 87) vous répondent directement.

Crédits photos

Sources

Pages consultées les 24 et 25 septembre 2026.

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